• L’apiculture 
      A. Un peu d’histoire
 
Les premières abeilles sont apparues il y a cent dix à cent quarante millions d’années, en même temps que les premières fleurs. 
Actuellement, il y a près de vingt mille espèces d’abeilles et plus de deux cent cinquante mille espèces de plantes réparties sur tous les continents. 
Il semblerait que les premières abeilles aient eu un mode de vie solitaire. A l’issue de plusieurs transitions, des formes de vie sociales plus élaborées se sont dégagées laissant apparaître une grande famille « les Apidaes », qui ont donné naissance à deux tribus productrices de miel, « les Meliponini » abeilles sans dard qui vivent sous les tropiques et « les Apini » dont les descendants actuels, « les Apis »comptent neufs espèces parmi elles, Apis mellifera, l’abeille de nos régions. 
Le plus ancien vestige archéologique d’une activité d’apiculture a été découvert dans les ruines de l’antique cité du Tel Rehov, dans la vallée du Jourdain. Celle-ci date de plus de trois mille ans. 

      B. Organisation sociale de la ruche
















La vie au sein de la ruche est très organisée et spécialisée. Le groupe d’abeilles ou      « essaim », est composé de: 

  1 - La reine 

Seule abeille fécondée, elle assure la ponte des oeufs (jusqu'à deux mille par jour en été). Elle vie 4 à 5 ans grâce à son régime à base de gelée royale. Elle se reconnaît à son thorax et surtout son abdomen plus développé. La reine agit sur le comportement des ouvrières au moyen de ses phéromones (messagers chimiques). 

  2 - Les ouvrières 

Elles portent bien leur nom puisqu'à part la ponte, elle assurent toutes les tâches essentielles à la colonie: entretient, régulation thermique et défense de la ruche, nourrissage et élevage des larves et des immatures, production de la cire et élaboration des rayons, récolte du nectar, du pollen, de la propolis, élaboration du miel et de la gelée royale, etc... 
Au printemps et en été, pendant la période de pleine activité de la colonie, la durée de vie d'une ouvrière est de 27 jours. En hiver, à la faveur d'une activité réduite, celle-ci peut atteindre 5 à 6 mois. 

  3 - Les mâles ou "faux-bourdons" 

Un peu plus gros que les ouvrières (notamment les yeux), leur seul rôle connu est la fécondation de la reine, au cours de son "vol nuptial". Ils ne possèdent pas de dard (donc pas de piqûre!) et ne peuvent se nourrir seuls: leur trompe est trop courte et se sont les ouvrières qui les alimentent. 




























































     



















 






















  
 


















                                     






































                                                    






























                                  




      C. La vie de la ruche

La vie de la colonie, dont les effectifs comptent de 20 à 90 000 individus, suit de grands cycles calqués sur le rythme des saisons ainsi que sur les périodes de floraison du lieu où elle est implantée.













Au centre de la photo, du couvain operculé et non operculé. En haut, à gauche et à droite, du miel. A droite du cadre, de couleur jaune clair, du pollen.

  A la sortie de l'hiver

Les ouvrières qui ont survécu sur les réserves de l'année précédente, préparent et nettoient les alvéoles pour la nouvelle ponte de la reine. Celle-ci dépose un oeuf par cellule, en commençant par le centre des rayons de cire. 21 jours sont nécessaires à la naissance des ouvrières (24 pour les mâles, 16 pour les reines). L'ensemble des oeufs, des larves et des immatures, est appelé le couvain. 

  Au printemps  

La colonie se développe avec les premières floraisons mellifères. Les premiers mâles naissent et sont entretenus par les ouvrières. Elles récoltent et stockent le pollen dans les cellules à la périphérie du couvain; le miel quant à lui est emmagasiné dans les cellules extérieures. Avant de refermer celles-ci avec de la cire, elles les ventilent à l'aide de leurs ailes pour évaporer l'excédent d'eau du miel ce qui lui assurera une bonne conservation.
 
Si la reine est suffisamment active, généralement à l'âge de 2 ou 3 ans, La colonie devient très populeuse et, vers la fin du printemps, celle-ci pourra se diviser par essaimage: vous avez peut-être déjà observé, souvent au mois de juin ou juillet, de véritables grappes d'abeilles se poser le soir sur un mur ou dans un arbuste. Il s'agit d'un essaim recherchant un emplacement pour établir un nouveau nid. Quelques centaines d'éclaireuses partent à la recherche d'une cavité accueillante. De retour à l'essaim, elles décriront leurs trouvailles au moyen de la danse du domicile: à la suite d'un processus complexe, un choix collectif s'opère et l'essaim s'envole vers son nouvel habitat. 

  L'essaimage

                     Une partie des abeilles quitte la ruche avec la vieille reine : 






















Pour préparer l'essaimage (ou le remplacement de la reine), les ouvrières vont élever de nouvelles reines: elles choisissent quelques larves âgées de moins de trois jours autour desquelles elles bâtissent une "cellule royale" (ronde et plus volumineuse que les cellules d'ouvrières, débordant sur la surface du rayon).

Abeille en train de récolter du nectar sur une fleur de bourrache :











Dès lors ces larves seront nourries exclusivement de gelée royale, secrétée par les ouvrières à partir de miel et de pollen. Seize jours plus tard naîtront les jeunes reines. C'est la reine la plus agée, à l'origine de la ponte, qui quitte le nid, accompagnée d'une partie des ouvriéres (de 20 à 30 000 individus) pour établir une nouvelle ruche. Les jeunes reines restantes se battront afin de ne conserver qu'une seule survivante. Elle s'envolera alors pour son vol nuptial, au cours duquel elle sera fécondée en vol par de nombreux mâles assurant ainsi un brassage génétique. De retour à la ruche, elle conservera la semence récoltée dans sa spermathèque et pourra ainsi féconder ses oeufs tout au long de son existence.


  Au cours de l'été et de l'arrière saison

Les ouvrières constituent des réserves de miel et de pollen pour passer l'hiver: c'est le moment pour l'apiculteur de récolter tout en veillant à laisser suffisamment de nourriture pour la saison froide. 
A la fin de l'été ou à l'approche de l'hiver, le nectar disponible se fait plus rare dans la nature. Les mâles qui sont devenus une charge inutile pour la colonie sont chassés de la ruche et mourront; les plus récalcitrants sont tués par une piqûre.
 

  L'hiver est là

La population de la colonie a fortement diminué, les abeilles d'hiver, dont la longévité peut attendre 6 mois en fonction de la latitude, ont remplacé les abeilles d'été. Elles se regroupent en une grappe au centre de la ruche pour la réchauffer. Elles survivent sur les réserves accumulées à la belle saison et ne sortent que rarement, lorsque les conditions climatiques le permettent, pour un vol de propreté. Elles mourront après avoir préparé et élevé la première ponte de l'année, à l'arrivée des beaux jours. 


 D. Les produits de la ruche

  Le miel

Le miel est la substance sucrée élaborée par les abeilles à partir du nectar des fleurs ou des sécrétions issues des parties vivantes de plantes (miellat). Les abeilles récoltent cette denrée, la transforment, l'enrichissent de leurs sécrétions puis l'emmagasinent dans les rayons de la ruche où elles la font mûrir.  
Le miel peut être issu, soit d'un seul type de fleurs (miels mono-floraux), comme le miel d'acacia, soit d'un mélange de différentes fleurs présentes autour des ruchers (miels poly-floraux), appelés miels de toutes fleurs. 
La texture du miel, liquide ou cristallisée, sa couleur, claire ou foncée, dépendent uniquement de son origine florale. 

  La cristallisation

La cristallisation est un phénomène naturel. 
Au moment de la récolte, le miel est toujours liquide ; il cristallise plus ou moins vite selon sa provenance florale. Ce phénomème est lié à la teneur plus ou moins importante de deux principaux sucres naturels : le glucose et le fructose. Plus le miel contient de glucose, plus il fige vite (tournesol, colza). A contrario, si le fructose est plus abondant (acacia, miellat), le miel restera liquide.  

Ce phénomène n'altère en rien les qualités gustatives et nutritives du miel. 
Il est toujours possible de redonner la fluidité à un miel cristallisé en plaçant le pot au bain-marie à une température n'excédant pas 40°C. 














  La composition


Les propriétés intrinsèques des miels sont aussi variées que leurs goûts. 
Le miel contient en moyenne : 
• 80% de sucres 
• 17% d'eau 
• 3% d'éléments divers 
Le fructose et le glucose représentent les deux principaux sucres du miel. Les éléments divers sont essentiellement composés de vitamines, de protéines, de sels minéraux et d'oligo-éléments. 

  La conservation

Par définition, le miel est un produit entièrement naturel, il ne contient aucun additif ni conservateur. La date indiquée sur les pots est un indice de fraîcheur, le miel peut se conserver plusieurs années en gardant son arôme et ses caractéristiques gustatives d'origine à condition de le stocker dans un endroit frais, sec et à l’abri de la lumière. 
Le miel ayant tendance à absorber l'humidité de l'air, il convient de bien refermer le pot après chaque usage.
 

  Les vertus du miel

En plus d'être savoureux, le miel est doté de milles vertus. Ce produit naturel et vivant, véritable concentré d'énergie, a toujours été considéré comme un aliment de choix grâce à ses qualités nutritives, énergétiques et curatives. 
En effet, le miel est un aliment énergétique exceptionnel grâce à sa composition en sucres simples (fructose et glucose) directement assimilables par l'organisme. 
Doté d'un fort pouvoir sucrant, le miel renferme cependant moins de calories que le sucre et apporte en plus des sels minéraux, vitamines et antioxydants permettant de renforcer l'organisme. Il est un moyen de lutte efficace contre la fatigue et est recommandé pour toute personne désireuse d'entretenir sa forme et sa santé. Le miel, source d'énergie naturelle, contribue ainsi à l'harmonie de notre équilibre biologique.
 
 

 
E. Les autres produits de la ruche

  La cire














La cire est un produit sécrété par les glandes cirières des abeilles avec lequel elles construisent les rayons de la ruche ainsi que les opercules, petits couvercles servant à recouvrir les alvéoles lorsqu'ils sont pleins de miel. 
Après l'extraction du miel, l'apiculteur récupère la cire en la faisant fondre. 
Ses applications sont nombreuses : bougies, encaustique, pharmacie, cosmétiques... 
Elle est également réutilisée par les apiculteurs en cire gaufrée servant de guide pour les abeilles et destiné à la construction des alvéoles. 


La gelée royale

La gelée royale est une substance fluide, blanchâtre, produite par les abeilles nourricières. 
C'est l'alimentation exclusive de toutes les larves d'abeilles et constitue l'essentiel de la nourriture de la reine pendant toute son existence.
Le liquide royal donne à la larve de reine un développement plus mature et surtout renforce et complète son appareil reproducteur. Une ouvrière ayant reçu de la gelée royale durant trois jours seulement vivra en moyenne 3 à 5 semaines en saison de production; une reine nourrie exclusivement à la gelée royale vivra 4 à 5 ans en pondant près de 2000 œufs par jour ! 
La gelée royale est reconnue par l'homme comme une substance puissante pour améliorer le tonus et la vitalité, elle est également très utilisée dans l'industrie des cosmétiques. 

Le pollen











                                   Abeille avec les pattes chargées de pollen













                                                    Récolte de pollen

Le pollen est récolté par les abeilles sur les étamines mâles des fleurs et transporté en pelotes dans la ruche où il servira à nourrir les larves, la reine ainsi que les abeilles, en leur apportant une source de protéines et de vitamines. 
Pour le récupérer, les apiculteurs ont mis au point des trappes à pollen qu'ils disposent à l'entrée des ruches. 
Séché et nettoyé le pollen peut avoir une utilisation médicinale. Il constitue un apport de vitamines et peut combler certains déficits alimentaires. 


  La propolis


















                                 Propolis récupérée sur le dessus des cadres 

La propolis est une substance résineuse, collante que les abeilles récoltent sur les bourgeons de certains arbres par petites pelotes comme le pollen. Elles s'en servent pour colmater les fissures de la ruche. 
Les vertus thérapeutiques de la propolis sont connues et utilisées depuis longtemps. Elle possède des vertus bactéricides et fongicides. De nos jours, la propolis profite du regain d'intérêt dont bénéficient toutes les thérapeutiques naturelles et cosmétologiques.